Ronda - Province de Málaga

À une heure de route de la côte et de ses stations balnéaires, Ronda passe, aux yeux des milliers de visiteurs qui la découvrent chaque jour, pour un condensé de l’Andalousie authentique. Une authenticité version grand spectacle, avec la vertigineuse faille qui limite la vieille ville au nord. Il est vrai que, depuis l’époque romantique, Ronda est au carrefour des rêves d’Espagne : les collines qui l’environnent, La Serranía, servirent de cadres aux activités devenues légendaires des bandits andalous, et les arènes de la ville construites au XVIIIe siècle et sans doute les plus élégantes d’Espagne, assistèrent à la naissance de la tauromachie moderne. Malgré les clichés qui s’attachent à la ville et en dépit de la foule des touristes qui prend possession des rues, Ronda n’a rien perdu de son charme, réel, et la promenade au long de ses ruelles blanches et fleuries reste un grand moment du voyage andalou.

Ronda est divisée en deux parties bien distinctes : la Ciudad, la vieille ville, qui concentre l’essentiel des édifices historiques et les musées, et le Mercadillo, son extension moderne où se concentre l’animation le soir, autour de ses commerces, de ses bars et ses restaurants. Entre les deux, la spectaculaire gorge du Tajo, franchie par l’audacieux pont emblématique de la ville.

LE PUENTE NUEVO

 

Ce vertigineux ouvrage enjambe de ses trois travées la faille du Tajo, tranchée naturelle profonde de 160 m et large de 60 à 80 m. Depuis le tablier du pont, la vue est réellement spectaculaire :

. Vers l’ouest, on distingue les restes de moulins, et, plus loin, l’Arco del Cristo et la Puerta de los Molinos, vestiges de la muraille musulmane.

. Lors de la construction du pont, entre 1735 et 1793, au moment où se développait une ville nouvelle au Nord, une prison fut aménagée sous la chaussée, au-dessus de l’arche principale.

. Sur la gauche, juste après le pont se dresse la masse du Couvent de Santo Domingo, dont la construction débuta sitôt la ville conquise par les chrétiens. Il abrita longtemps le tribunal de l’inquisition.

Histoire ou légende, on raconte que l’architecte constructeur du pont aurait péri sur le chantier, alors que, descendant depuis le tablier dans une nacelle, il se penchait pour rattraper son chapeau

LE MIRADOR EL CAMPILLO

 

Officiellement nommée Plaza María Auxiliadora, ce belvédère offre un beau panorama sur la masse sombre des montagnes environnantes, au-delà de la mer d’oliviers qui occupe la plaine. Du belvédère, un chemin descend jusqu’à l’Arco del Cristo : de là, les photographes découvriront une des vues les plus séduisantes, et sûrement la plus reproduite, sur le Tajo et son célèbre pont.

Vue du mirador
Vue du mirador
Vue depuis le mirador
Vue depuis le mirador

LE MUSEO DE PINTURA JOAQUIN PEINADO

 

Installé dans le palais de Moctezuma, qui date du XVIIIe siècle, le musée rend hommage au peintre né à Ronda en 1898 et mort à Paris en 1975.

LA PLAZA DE LA DUQUESA DE PARCENT

 

Un ensemble architectural particulièrement séduisant, rehaussé de fleurs, de lauriers-roses et de palmiers : d’un côté, une tour d’église (ancien minaret), et, plaqué contre la façade de l’édifice, un double étage de galeries soutenues d’arcades. Ce dispositif permettait au public d’assister aux corridas et aux diverses manifestations qui se déroulaient sur la place, qui faisait alors office de Plaza Mayor. À l’Est se dresse la façade de l’hôtel de ville, du XVIe siècle ; l’escalier intérieur est recouvert d’un beau plafond magnifiquement décoré de la même époque. En face, le Convento de Santa Isabel de los Ángeles et l’Iglesia de la Caridad forment un ensemble plus austère, également du XVIe siècle.

 

L’église Santa María la Mayor, construite juste après la Reconquête, recouvre une partie de l’ancienne Grande Mosquée de la ville musulmane, dont elle conserve quelques éléments. Le minaret tout d’abord, à double élévation carrée puis octogonale, coiffé d’un clocheton au XVIIIe s. dans la salle qui précède l’entrée de l’Église, un arc outrepassé orné de délicats motifs géométriques et surmonté d’une longue inscription coranique appartient à l’ancien mihrab du XIIIe s. Reconstruite plusieurs fois la nef (1584-1704) est surmontée d’une voûte centrale.

LE MUSEO DEL BANDOLERO

 

Attraction touristique autant que collection ethnologique, ce pittoresque musée est consacré aux bandits andalous qui hantèrent les recoins de la Serranía durant tout le XIXe s. et jusqu’au début du XXe s : les premiers de ces bandits étaient d’anciens combattants démobilisés après le siège de la ville par les troupes napoléoniennes en 1809 et qui se mirent à exercer leurs talents de guerriers depuis leurs grottes dans les montagnes. Mannequins de cire, gravures, photographies d’époque et coupures de presse rappellent la mémoire de ces personnages qui contribuèrent à former l’imagerie de l’Espagne romantique.

LES ARÈNES

 

Pour les aficionados, c’est un véritable temple : foulant la piste, ils y évoquent la mémoire de grands matadors, parmi lesquels Romero et Ordoñez, qui y défièrent la mort. Pour tous, et même pour ceux que la tauromachie laisse au mieux indifférents, c’est l’occasion de découvrir peut-être la plus belle enceinte réservée à la corrida, avec ses deux étages de galeries de pierre surmontées de pinacles, qui protègent les gradins où 5000 spectateurs peuvent prendre place. L’édifice abrite également la Musée taurin, consacré aux grandes figures de la tauromachie : les célèbres matadors y partagent l’espace avec les taureaux les plus valeureux dont les têtes ont été respectueusement naturalisées. Hemingway, aficionado de marque, y est également présent, tout comme Orson Welles, dont les cendres furent déposées en 1987 dans la finca (propriété) de son ami, le matador Antonio Ordoñez.

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